Notes I
Diagram I
Photos
La lumière rend les objets visibles. Les ombres et les couleurs
informent sur les apparences et les perspectives. Le mouvement, quant
à lui, définit l'espace et la corrélation des
objets dans l'espace. Ma pièce, Jardin des fleuves, figure le
passage de la « lumière »,
équivalente ici aux différentes sonorités, au
travers d'une matrice d'instruments positionnés dans l'espace et
reliés à une « topographie »
d'objets musicaux.
L'ensemble comprend quatre groupes : un à gauche, un
à droite, un quatuor trompette, trombone, cor et basson
placé au milieu de ces deux groupes et deux
« Timées » (systèmes de diffusion
à plusieurs haut-parleurs permettant de contrôler la
direction du son émis).
Les deux premiers groupes définissent une matrice fixe tandis
que les quatre instruments et les deux Timées sont
« mobiles » acoustiquement en ce sens qu'ils
peuvent modifier l'angle de radiation du son en tournant dans
différentes directions (reproduisant ainsi les motifs de
réfraction des sons dans la salle du concert). Ils sont des
points rotatifs et une source de flux auditifs établissant un
contact avec les points fixes des deux autres groupes de l'ensemble et
articulant la matrice de façon variable. L'espace et le timbre
deviennent ainsi des concepts étroitement liés.
La pièce décrit le tracé imaginaire en demi-cercle
de la lumière du soleil (de 5 heures à 22 heures, une
heure équivalant ici à une minute de musique) sur un
paysage d'objets fixes dans l'espace (un
« jardin »), dans lequel des variations
d'intensité de lumière, des réflexions et la
géométrie des ombres dessinent un enchevêtrement de
motifs complexes (des « fleuves »).